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« La tribu Antambahoaka compte environ 50 000 âmes dont la plupart vit dans la basse vallée du fleuve Mananjary. Ils revendiquent leur descendance d’un ancêtre unique, le roi Raminia, qu’ils supposent soit émigrés (à Madagascar) de la Mecque à Madagascar. Bien qu’ils ne soient pas musulmans leur culture reflète bien d’influences islamiques. La majorité des Antambahoaka sont des agriculteurs. Ils cultivent du riz, du manioc, quoique bon nombre d’entre eux possèdent un certain niveau intellectuel et travaillent pour le gouvernement ou dans les affaires privées ». Pour les Antambahoaka, la cérémonie de circoncision, appelée SAMBATRA, se déroulent tous les sept ans d’une façon collective. Elle représente la fête plus attendue, solennelle et importante. Le sens même du mot Sambatra traduit par notre interlocuteur Monseigneur Xavier Tabao par « heureux » en français et par l’italien « beato », en témoigne (… en dit long). On ne peut pas s’en passer du problème de leur origine avant de parler d’un quelconque aspect de la vie ou des rituels Antambahoaka. Lorsqu’ils parlent d’eux-mêmes, ils se disent desZafiraminia, c'est-à-dire des descendants du prince (ou d’une princesse) qui de la Mecque navigua jusqu’à Madagascar, en se fixant définitivement sur l’estuaire du fleuve Mananjary pour fonder l’entière ethnie Antambahoaka. Nous allons trouver un bref historique de ce voyage dans l’œuvre de Xavier Tabao ; toutefois au cours de notre visite à la bibliothèque nationale de Madagascar, à Antananarivo, nous avons eu connaissance d’un article de Gabriel Ferrand que la « Revue de Madagascar » a publié comme extrait du « Journal Asiatique » et qui se référant aux sources du Sorabe, raconte la légende de Raminia « du point de vue Antambahoaka ». Comme le même Ferrand affirme que malgré l’absence de règles de transcription du malagasy en caractères arabes, caractéristique des textes arabio-malagasy, qui rend la lecture et la traduction de ces documents difficile et souvent incertaine, nous avons pu vérifier dans ce document, qu’on trouvera en appendice, une coïncidence remarquable dans la description du voyage qui, de la Mecque emmena Raminia à descendre peu à peu la côte est de Madagascar jusqu’à Mananjary, après la brève reconstruction faite par Xavier Tabao et qui sera présentée plus loin et qui aura une grande importance sur l’interprétation symbolique du rituel de circoncision. Le seul article que nous avons pu trouver dans le contexte européen des publications et revues du secteur, concernant le rituel de circoncision Antambahoaka, c’est une traduction d’un manuscrit de Robert Razafitsaroana, traduit par P.H Dubois et publié dans la rue « Anthropos » en 1927. Mais ce ne sera pas notre unique source. En effet, pendant la période passée à Madagascar, au village de Mananjary, chef lieu de la région Antambahoaka, j’ai pu prendre possession des photo statique d’un article publié dans la « Revue de Madagascar » en 1936 et d’un aperçu publié par une petite maison d’édition d’Antananarivo en 1993, c'est-à-dire tout de suite après le dernier Sambatra, écrit par mon interlocuteur Mgr Tabao. Il semble opportun de partir de l’analyse sur l’article publié dans la « Revue de Madagascar » pour avoir quelques instruments d’interprétation et quelques « mots clés » qui nous aideront ensuite pour comprendre avec plus de clarté la description de la cérémonie de 1993 dans la récit passionné de Xavier Tabao, on ne peut pas trouver cet article en Europe et en voici la traduction intégrale : « Les Antambahoaka ou Zafiraminia forment une population aux alentours de Mananjary. Leurs origines sont un peu obscures, ils racontent volontiers que leur ancêtre, une certaine princesse nommée Raminia (origine du nom Zafiraminia ou descendants de Raminia) de la Mecque on ne connaît pas la raison de leur immigration. Certains Antambahoaka affirment par suite d’une guerre civile, Raminia, sa famille et ses vassaux se sont enfuis sur un canoë, pour une destination lointaine. Surpris par une forte tempête, ils ont été jetés sur la côte nord-est de Madagascar, sur un lieu qui pourrait être Vohémar De Vohémar, ils ont été transportés peu à peu vers le sud pour s’établir à Vohibola, à l’ouest d’Ambohitsara, et ensuite à Ambohitsara. Ils se sont dispersés par la suite un peu partout aux alentours (environs) de Mananjary, à Manakara, Ankatafana, Tsaravary, Ihefaka e enfin à Mananjary. Cette population possède, à l’origine, des coutumes qui rappellent un peu celles des arabes, ainsi ils ne mangent pas la viande de porc, ni les volailles tués par des personnes qui ne sont pas de leur race, circoncisent leurs enfants (petits garçons) etc… Ils ont un livre écrit en caractères arabes qu’ils appellent « SORABE » et qui contient leurs traditions. La circoncision, objet de la présente communication est, parmi eux célébrée (fêtée) à grandes pompes et en masse. Elle s’appelle Sambatra. La cérémonie du Sambatra est célébrée tous les sept ans qui, selon leur chronologie s’appelle « taon-joma » (année du vendredi) ; à titre exceptionnel, lorsqu’il y a un nombre de garçons jugés trop grands dans l’attente de cette année faste, la cérémonie se fait deux ans auparavant (année du mercredi) ; c’était le cas du Sambatra de 1935. Le SAMBATRA Les préparatifs de la cérémonie Lorsque le « taon-joma», arrive, les anciens/ les personne âgées), qu’on appelle « ray aman-dreny, se réunissent et délibèrent sur les préparatifs de la cérémonie, ils vérifient le nombre de petits garçons à circoncire, le moment propice etc… A la fin, ils en font une demande officielle auprès du chef de district. Quand on obtient l’autorisation c’est alors que commencent les rites ancestraux. On choisit avant tout les loharanitra, les tsara anarana, les mpifady et celui qui va pratiquer la circoncision. Choix des Loharanitra On appelle « loharanitra » l’enfant dont le père sera considéré connu le chef des autres lahy anaka (pères des petits garçons) de sa tribu. On ne doit pas avoir plus d’un loharanitra par tribu. Ce titre est très envié car le loharanitra est considéré tel un petit prince, et son père aura le droit de commander les autres lahy anaka ; il sera le capitaine, il aura le pouvoir exécutif pendant la cérémonie. Comme obligation, il devra offrir un taureau qui sera le premier sacrifice pendant le Sambatra et dont la tête et le flanc droit vont jouer un grand rôle ; il doit faire don d’une bouteille de rhum pour les enchantements ; et enfin c’est celui qui rassemble les cotisations des autres lahy anaka pour l’achat des boissons, rhum, vin ou betsa (jus de canne à sucre fermeté). Choix des Tsara Anarana On appelle « Tsara anarana » l’homme prévu au port de la calebasse [courge à flasque] dite « voatavo arivolahy » qui contient la « rano mahery » (eau forte) (eau puissante). On choisit les tsara anarana parmi ceux qui ont encore leurs parents en vie, si c’est possible, et qui fondamentalement possèdent des noms avec les mots : Tsara = bon (exemple Tsaravelo) Soa= beau (exemple Soatody) Tody = arrivé bien port (exemple Todiaby) Choix de Mpifady Ce sont ceux désignés pour devenir les parrains et les marraines des petits garçons à circoncire ; chaque famille désigne ses mpifady ; les mpifady peuvent être des hommes ou des femmes, de même des époux, des frères et sœurs, des cousins et cousines peuvent être désignés comme mpifady : ces mpifady, de par leur bonne conduite, doivent racheter les péchés que peuvent commettre soit les parents, soit les garçons mêmes et qui peuvent causer des tsiny o thaina (blâmes) des Razana (ancêtres) et Zanahary (Dieu). Pendant la cérémonie ils font un vœu de chasteté, de sobriété, et il leur est défendu toutes discussions avec les autres. Choix de celui qui va pratiquer la circoncision Contrairement à ceux que pensent les gens, ceux qui pratiquent la circoncision ne sont pas toujours des ombiasy ; ce sont plutôt des hommes spécialisés dans ce genre d’opération. Ce talent, normalement, se transmet de père en fils. Quelquefois, ils peuvent venir de très loin, à trois ou quatre jours de marche. Les lahy anaka choisissent ces hommes selon leurs intérêts. La Cérémonie La cérémonie dure huit jours, auparavant elle a duré un mois. Pendant les sept premiers jours, on se fait mirary (des souhaits) et on va installer le tranobe et chercher les joncs et les dara ; le huitième jour on fait la grande procession de la circoncision. Mirary Dès quatre heures du matin, on entend le son des antsiva (cornes) et le bruit des hazolahy (petits tambours) en signe de rassemblement. Les femmes se réunissent en face du tranobe (demeure du roi). Elles se mettent par rangées de deux et entonnent leurs chants en parcourant les rues. Ces chants varient à l’infini mais ils ont comme caractéristiques d’être des chants pour souhaiter la chance, la force et la virilité des petits garçons. Par exemple
E ! lilahy é !é ! lilahy e ! Eh! Garçon Eh !eh ! Garçon e !… Lilahinay mahery e ! Comme notre petit garçon est fort Ho atody akoho vato Les pierres deviendront des œufs Ho ravim-borondro ny fantsy les épines deviendront des feuilles de patate Lilahinay mahery ! Comme notre petit garçon est fort Deux fois par jour, matin et soir, pendant les sept jours de la cérémonie, elles se réunissent pour le mirary. Installation du Tranobe Pendant que les femmes chantent leurs souhaits à travers les rues, les hommes s’occupent de l’aménagement du tranobe ou lapa (palais) On change tout de suite le toit en le remplaçant par des raty nouveaux (feuilles sèches de ravenala = arbre du voyageur). Lorsque le toit est fait, on procède à l’élévation du lohatrano. Le lohatrano est composé de deux parties en bois très légers (variété dite Babona) de deux mètres et demi de longueur, intersectés en forme de X et placés à cheval à la partie supérieure du toit ; on place trois lohatrano, deux aux extrémités et un au milieu. Des fois, on met un oiseau de bois sculpté sur les lohatrano. Sur le pignon nord du tranobe, on place une branche de ramiavona et une tige de fary soratra (canne à sucre multicolore) Le moment où l’on dresse les lohatrano est un moment solennel. Pendant que les hommes dressent les lohatrano sur le toit, les femmes chantent et hurlent autour du tranobe et le mpanjaka, vêtu d’une blouse de soie rouge, portant un bonnet également de soie rouge, avec une écharpe lambamena, en tenant dans la main gauche un bouclier, et dans la main droite une sagaie, simule un combat qu’on appelle mitavana. Le mitavana est un genre de duel que le mpanjaka exécute contre un ennemi invisible. Il attaque de tout côté avec sa sagaie ; il pare des coups imaginaires avec son bouclier ; exhibe des sauts en arrière, en avant, à droite, à gauche ; pendant ce duel les spectateurs l’encouragent en criant : « Dria…dria mpanjaka, dria… ». L’exercice de mitavana doit commencer au moment où l’on dresse les lohatrano et ne doit se terminer que lorsque ces derniers soient posés. Après le mitavana, le mpanjaka sorti naturellement vainqueur de son duel offre à boire ses assistants et en particulier à ceux qui ont dressé les lohatrano. L’entrée du Mozinga Lorsque les lohatrano sont posés, la maison du mpanjaka passe d’une simple demeure bourgeoise à un centre d’accueil ; alors on peut faire entrer le mozinga. On appelle mozinga un récipient en bois d’une capacité de 150 à 200 litres, destiné à contenir les boissons (rhum ou betsa) provenant des quêtes des lahy anaka . Autrefois le mozinga fut un tronc d’arbre de 3 ou 4 mètres de diamètre et avec autant de hauteur, le quel fut creusé et muni de couvercle. Le mozinga se fabriquait en forêt et lorsque les lohatrano sont achevés, tous les jeunes allaient le chercher ; une vingtaine de personnes le portaient sur les épaules pendant que d’autres chantaient en l’honneur du mozinga. Arrivés au village, on déposait le mozinga sur le pignon nord du tranobe, sur un petit plancher où un homme veillait jour et nuit. Pour ce faire, on pouvait désigner un homme de rang (caste) inférieur, ce qui veut dire un homme dont les parents ou les ancêtres ont été des esclaves. De nos jours, en guise de mozinga, on sert d’un tonneau qu’on laisse quelques jours dans l’eau, et au moment voulu, on vient le chercher comme un vrai mozinga provenant de la forêt, mais au lieu de le laisser dehors, on le dépose dans le tranobe. Jour et nuit, comme autrefois, un homme veillera sur le mozinga. Durant la cérémonie, on ne pourra pas le mettre hors du tranobe et tant que le mozinga se trouve dans le tranobe, on peut continuer la circoncision même un mois après la cérémonie officielle, ce qui est fréquente lorsque les garçons viennent de loin. Mambely rambo La recherche des joncs A l’occasion de chaque Sambatra, on confectionne des nouvelles nattes pour le Tranobe, un travail réservé aux seules femmes. Autrefois on prenait les joncs de très loin à 5 on 6 km. Actuellement, à cause de temps très limités, accordé par les autorités et étant donné que les joncs ont besoin d’une certaine préparation pour être bon à tresser, on se contente de joncs rambo déjà préparés à l’avance, la plupart des femmes antabahoaka sont douées au travaux de la natte. Les femmes se donnent rendez-vous aux portes du village ou plus loin. Chacune porte son tas de joncs dans la main droite et dans la main gauche, elle tient un couteau. Ainsi le groupe entre au village en chantant et en bradant les bottes, c’est ce qu’on dit faire danser les joncs. On entre au village comme si on venait de loin, on se dirige vers le tranobe, et là on commence à tresser les joncs pour en finir le jour même. Recherche des dara Lorsque les nattes sont terminées, les femmes vont à la recherche des dara (genre de palmier sauvage) Elles en cueillent les jeunes feuilles, les laissant sécher au soleil pendant quelques temps et en enlèvent les nervures. Avec ces feuilles dara, elles vont tresser des petits paniers où les mpifady mettront du riz blanc (variété dite vary ala), du sésame (voamaho) et un peu de cheveux des garçons à circoncire. La grande cérémonie du huitième jour Recherche de la ranomahery Avant le premier chant du coq, on entend partout le son du cor et des petits tambours ; les tsara anarana, escortés par leurs gardes du corps qui sont choisis par les lahy anaka , avec leur calebasse (voatavo arivolahy) se dirigent vers l’estuaire du fleuve pour puiser de l’eau puissante (ranomahery). Cette eau s’appelle ranomahery car l’on y attribue un pouvoir surnaturel ; elle s’appelle également rano mierina (eau qui monte) car on doit la puiser là où le courant monte. A la fin, on l’appelle « rano tsy dikaimborona » (de l’eau qui n’a pas encore été survolée par un oiseau) car on la prend avant le réveil des oiseaux, avant le premier chant de coq. Cette eau doit être toujours puisée à un confluent. Du temps des souverains malagasy, cette eau s’achetait auprès d’un représentant de la reine, komandy ou gouverneur. Les tsara anarana quittent leur village, à la tombée de la nuit, pour se rendre au domicile du gouverneur, à 13 kilomètres de Masindrano (ancien nom de Mananjary), dans un petit village appelé Tsiatosika. Là bas, ils offrent un vola tsy vaky (une pièce de cinq francs en argent) et, en échange, le komandy leur donne la ranomahery, dans un voatavo arivolahy. On rentre au village lorsqu’on est en possession de la ranomahery au son des cors et des chants ; les tsara anarana, porteurs de ranomahery, mettent la calebasse sur la tête et tout en marchant droit devant eux, ils ne peuvent pas tourner la tête ni à droite ni à gauche. On entend leur chanson de loin ! Rano ino mandry eto e ! Rano ino mandry eto ? Rano masina rano manoro, A l’entrée du village, les habitants, déjà réveillés, applaudissent et reprennent le refrain : Rano ino mandry eto e ? Rano ino mandry eto ? Rano masina rano manoro. Les porteurs de rano mierina, suivis des gardes du corps et d’autres pesronnes, font six fois le tour du tranobe toujours en chantant. Rano ino mandry eto e ? Rano ino mandry eto e ? … Enfin, au bout du sixième tour, les porteurs de ranomahery entrent dans le tranobe en accrochant la calebasse au toit. Mais, lorsque ceux qui les suivent, veulent entrer, ils sont repoussés par les gardiens du tranobe à coups de poing ou de bâtons ; c’est une vraie bataille ; ceux qui sont à l’intérieur s’avouent vaincus à la fin et naturellement, les vainqueurs entrent dans la maison. Recherche des volohatra et des longoza Pendant le jour, on désigne les jeunes qui devront rechercher les longoza et les volohatra. Le volohatra est un tronc de bambou de 40 à 50 cm de longueur et dont une extrémité conserve ses nœuds et ses subdivisions tandis que l’autre est coupée tel un sifflet. Chaque homme mpifady doit avoir des volohatra pour y mettre sa part de betsa. On coupe ces volohatra avec un couteau très tranchant et d’un seul coup ; si cela ne réussit pas, et on doit changer de bambou. C’est indispensable car celui qui pratique l’opération coupera le prépuce, lui aussi, d’un seul coup. Le tissage des écharpes et le tressage des petits paniers. Pendant que les hommes vont à la recherche du volohatra, les femmes, au village, s’occupent de tissage et de tressage. Le tissage des écharpes se fait sur un métier en miniature ; l’écharpe ainsi obtenue mesure environ de 10 à 15 cm de large et de 80 à 100 de long, on mettra dans cette écharpe une partie de la poitrine droite du taureau loharanitra . La tête va servir, pendant l’opération, de siège pour les petits garçons à circoncire et de point d’appui pour celui qui pratique la circoncision. Ensuite, on sépare les côtes de la poitrine droite, on les coupe en morceaux qu’on distribue aux femmes mpifady . Le reste du taureau servira de nourriture à la population et en particulier aux mpifady. La bataille des longoza ( toro-sintona) Vers neuf heures le huitième jour, la fête est à son comble, dans les rues, les processions se poursuivent sans interruption. Les femmes portent leurs plus beaux habits, les mpanjaka leurs tenues d’apparat rouges, et les mpifady, des femmes au visage couvert de terre blanche (ravoravo) portent l’écharpe traditionnelle qui contient le petit talisman (le morceau de poitrine de zébu) et empoignent dans la main droite le petit panier contenant un peu de riz blanc, de sésame et aussi de cheveux du « zaza hosambarana » (petits garçons à circoncire). Les hommes mpifady qui ont eux aussi le visage élégamment couvert de ravoravo, portent dans la main droite une sagaie ou quelquefois un bâton et dans la main gauche le volohatra, ils portent aussi une botte de longoza mise en bandoulière sur le dos. Les petits garçons à circoncire sont vêtus d’un drap rouge avec sur la tête un bonnet rouge orné des bandes blanches. Tout le monde chante et danse à travers les rues, c’est une joie infinie. K’a manety anay Ne nous regarde pas Manan-katahorana Ceux qui ont peur ne doivent K’a manety anay pas nous regarder Ou bien : Tsara ny namai-dahy C’est bien d’avoir un fils Tsara ny namai-dahy C’est bien d’avoir un fils Zazalahy tsy anariana viavy Mais il ne faut pas renier sa propre fille On chante ainsi toutes la matinée jusqu’à ce qu’on rencontre un groupe d’un autre clan : c’est le moment de la bataille. Les femmes et les enfants reculent pendant que les hommes s’avancent et interpellent ceux de l’autre groupe avec ces mots : Izaho ombilahy = Je suis un taureau Les autres répliquent : Izaho lahy anaka = Je suis le père du garçons Sans que rien n’arrive, la bataille commence. On se jette des bâtons de longoza (ou bien des sagaies) avec force et précision ; ce n’est pas un simulacre de bataille mais une vraie et nette bataille. On compte souvent beaucoup de blessés parfois graves après la bataille. Les femmes encouragent les hommes de leurs clans en chantant : Lilahinay mahery o! lilahy e ! Nos hommes sont les plus forts Lilahy mahery o ! Nos hommes sont les plus forts Lorsque le combat se termine, les groupes se recomposent et ils vont chercher d’autres ombilahy ou lahy anaka à provoquer. Vers 11heures, les groupes se dispersent, chacun se rend chez soi et se prépare pour la grande procession. La Grande Procession ou Manenatra A midi, le signal de la réunion est donné avec le son des antsiva et des hazolahy. Tout le monde se rassemble au tranobe. Le tsara anarana se met à la tête du cortége avec sa calebasse pleine de ranomahery et il est escorté par trois en quatre gardes de corps. Il pose la calebasse sur la tête, marche droit devant lui sans regarder ni à droite ni à gauche. Le mpanjaka marche près de lui tout vêtu de rouge. Derrière il y a les mpifady avec le visage couvert de terre blanche, ensuite viennent les jeunes qui portent des lances, des petits bâtons et puis encore les batteurs (joueurs) de petits tambours et de cors ; dans la multitude de lances et de bâtons, on aperçoit le drapeau tricolore qui flotte, En quittant le village, on se dirige tout de suite vers la plage et de là, vers l’estuaire du fleuve Mananjary. On procède très lentement en chantant : oh ! ………Hi…………Oh … !!! Ce refrain ne change jamais !. A un moment donné le loharantitra vue : »Mandry tafika » (que armée se repose) et tout le monde s’assoit à l’exception du porteur de rano mierina pour qu’ il suffit de s’arrêter ; une minute après, la même voix reprend en disant « Foha tafika » (que l’armée se réveille) ; tout le monde se lève et reprend le même refrain : Oh !....... ;Hi…………Oh !!! Tout le monde se met en marche, les jeunes simulent une bataille. Parfois des bruits de pétards dominent ce vacarme Cette procession se fait lentement d’autant plus que l’armée se repose et se remet en marche bien de fois pour parcourir les trois kilomètres qui séparent l’estuaire , but du voyage, et le village . IL leur faut deux heures on même plus à ces meilleurs de personnes. Durant ce cortège, le tsara anarana marche, sans chanter, avec les bras levés pour soutenir la calebasse sur la tête ; c’est un vrai supplice. Les mpifady aux visages diaboliques prennent une part active, au contraire, à l’animation de la fête. De temps à autre un homme passe avec un lananana rempli de betsa, et chacun tend son propre volohatra pour recevoir sa part et la boit à petits coups : toutefois, les mpifady ne sont pas autorisés à boire. L’immersion des pieds au vinany Arrivés au vinany (l’estuaire), tout le monde procède vers le rivage et immerge les pieds dans l’eau. A ce point, les mpifady, soit par astuce, soit pour permettre à ceux qui n’ont pas pu immerger leurs pieds pour être touchés par l’eau purificatrice, puisent de l’eau avec leur volohatra et aspergent la foule. Au vinany , le mpanjaka récite une prière aux razana et à Dieu On reprend de chemin du retour par une autre voie. Arrivé au village, le tsara anarana accroche la calebasse au-dessus de la porte est du tranobe, les mpifady se débarrassent de leur écharpe et de leur panier et les accrochent eux aussi sur le mur qui se trouve à l’Est. La merveilleuse nuit (ny alin-tsra) La alin-tsara commence dès le coucher de soleil (nuit merveilleuse) En face du tranobe on se réunit pour le dernier mirary en chantant : Rango zaza , rangozaza Zaza rangoina tsy maré-ra Qui signifie : Circoncision des petits garçons, Circoncision des petits garçons Que les petits garçons à circoncire ne saigne pas trop ». Pendant ce temps, celui qui va pratiquer la circoncision prépare les instruments. Il prend la tête du taureau loharanitra et la secoue soigneusement, cela servira de siège au petit garçon à circoncire. La circoncision commence vers huit heures LA CIRCONCISION Les lahy anaka se retranchent à l’intérieur du tranobe ; en ce moment l’entrée dans le tranobe est interdite sauf pour le lahy anaka. Celui qui va pratiquer la circoncision reste dehors, aux porte Est, beaucoup de lahy anaka l’entourent et empêchent les autres de s’approcher ; on pose le crâne de (taureau) loharanitra sur le seuil de la même porte. Le moment venu, celui qui va pratiquer la circoncision récite une prière en langue Sorabe (Coran ?) on l’appelle le langue fasiry ; ensuite il appelle les petits garçons un par un, un homme robuste les assoit à tour de rôle sur le front du taureau entre les deux cornes, les autres lahy anaka l’entourent et surveillent l’assistance,. Alors le circonciseur, toujours de l’extérieur prend le petit prépuce, le tire et d’un seul coup le coupe avec un rasoir et le jette sur le toit an criant : « etso ô »… Quelquefois si le père du garçon à circoncire veut avaler le prépuce, le circonciseur le lui donne. Cette opération se déroule très vite Lorsque c’est fini, chaque famille ramène chez soi les petits garçons : les libations commencent à ce moment là. Les femmes âgées réunies dans quelques cases chantent à tue-tête ; les hommes âgés, dans différentes cases, boivent et parlant les souvenirs du passé, les jeunes dansent dans la cour, à la belle étoile, au son de la musique, les lahy anaka montent la garde au mozinga à l’intérieur de tranobe. Il s’agit de le alin-tsara : on joue de la musique sans se ménager, on boit et on mange. Les mpifady, libres de leur engagement prennent part à la libation. Au matin, les jeunes vont frapper la porte en porte pour demander leur part de festin en ces termes. Ratsipeko avoahy ny anay. Les lahy anaka leurs offrent alors soit du toaka – de l’argent Considérations générales Chez les Antambahoaka, le SAMBATRA est la cérémonie la plus solennelle ;plus la naissance et plus du mariage. Cette cérémonie ne doit jamais être dérangée par un événement douloureux. Si un garçon meurt après une opération, par suite d’une hémorragie ou pour une autre raison, on l’enterre pendant la nuit et les parents ne peuvent pas le pleurer. Si une personnalité meurt pendant la cérémonie, elle sera ensevelie la nuit et lorsque le Sambatra est complètement terminé, alors seulement ses parents font le « miandry trano ». On annonce la mort comme récente, on pleure et on peut porter le deuil. Red : Communication Sociale SVD - Madagascar |