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Dans une pirogue de 16 m, propulsée par un moteur hors bord, nous avons relié les 60 Km qui séparent Ambohitsara, chef lieu de petite commune rurale, de Mananjary par le Canal de Pangalana vers le Nord.
Alors que le commandant de bord en la personne même du Révérend Père Paul, curé de la paroisse d’Ambohitsara reste calme à son poste tenant bien le gouvernail et guettant les moindres courbures, et que Maman Mélanie septuagénaire solide et dynamique n’arrête pas d’enflammer le zèle de tous les voyageurs retraitants venus d’Antananarivo, d’Antsirabe, de Mananjary et ses proches banlieues des bords du canal, le Révérend Père Jacques GRAD, incontestable Père fondateur du Renouveau Charismatique dans la région depuis Pentecôte 1995, discute avec quelques anciens dont Moïse de Pangalana Sud, de l’avenir du Renouveau sur le toit de la pirogue.
- Après quelques accostages à droite et à gauche du canal pour ramasser quelques retraitants avec beaucoup de prières, de chants et de chapelets, nous sommes enfin arrivées au bout de 5h de navigation vers 17h. Père Jacques, entouré de ses compagnons ou plutôt de ses disciples, traverse avec la joie le gros village dans son artère principal bordée à droit et à gauche de jeunes cocotiers qu’il a lui-même plantés .
En passant avec son groupe il saluait tous ces villageois, petits et grands qu’il a pratiquement illuminés de son charisme et qui viennent grossir le rang des retraitants arrivants, glorifiant et louant le Seigneur de leurs chants mélodieux ou enthousiastes. Les pieds s’enlisant dans le sable plus encore qu’à la plage, la tête coiffée de chapeaux de paille pour certains, la troupe franchit les quelque trois cents mètres qui séparent le quai de la paroisse dans une joie indescriptible. Enfin on entre à l’Eglise bien décorée mais trop petite pour ces foules déjà ivres en encore assoiffées de l’Esprit Saint. Louange, gloire, reconnaissance, remerciements de toutes sortes ont été adressés à la Très Sainte Trinité, Seigneur de l’Univers et à Jésus Christ Maître du Ciel et de la Terre mais aussi de ce village éloigné de l’Océan Indien. La douce et très puissante Maman Marie, Reine du Ciel et de la Terre, Mère de tous les peuples, dénommée ici Notre Dame des Pangalana, très efficace instrument divin de notre rédemption n’a jamais été oubliée. Puis chacun rentre d’abord chez soi pour revenir quelque temps après et commencer ce soir même la retraite par l’adoration du Très Saint Sacrement et l’information des programmes.
La retraite se déroule en deux endroits :
Les « anciens » à l’église même pour se raconter des témoignages vivants, extraordinaires, surnaturels, démontrant la force de l’Esprit-Saint et l’Amour de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils y reçoivent aussi des formations plus profondes afin de redynamiser leurs groupes. Le Père Jacques, Mélanie et Maman Juliette d’Antsirabe y ont beaucoup apporté les fruits de leurs apostolats ornés de beaucoup de signes.Les nouveaux ou prosélytes jeunes, adultes ou vieux ont été installés dans la vaste salle d’œuvres de la paroisse qui servait en même temps pour la circonstance de logement pour ceux venus de loin. Ils écoutent attentivement Sœur Hanta et Moïse sur les thèmes du kérygme, interrompus de temps en temps par l’intervention de Prosper et de Jean-Baptiste. L’Amour de Dieu, le Pêché, la Foi et la Conversion, Jésus-Christ Seigneur et Sauveur, ont été exploités, ainsi bien sûr que le Saint-Esprit avec ses charismes et enfin la Vie Communautaire. Du premier jour jusqu’à la fin de la retraite, le R.P Jacques aidé de temps en temps par le R.P. Paul curé de la paroisse n’arrête pas de confesser, d’abord les « anciens » qui vont délivrer au guérir les prosélytes qui se préparent à l’effusion puis ces derniers et enfin tout retraitant. Ce sont des confessions générales, longues et fatigantes car souvent difficiles à cause des manières de s’exprimer des gens pour ces prêtres missionnaires de la
Société du Verbe Divin venue très loin de la Pologne pour travailler avec Jésus-Christ à sauver des âmes mais aussi à guérir les corps possédés. Ceux qui ont des obstacles pour être actifs dans le Renouveau (non baptisés, non mariés, ne communiant pas) ne pouvant donc pas recevoir l’effusion du Saint-Esprit, ne sont pas oubliés. Ils reçoivent conseils et réconforts pour persévérer dans la prière et la foi en Jésus-Christ afin de résoudre leurs problèmes. Le Père Jacques dont tout le monde se dispute les conseils, doux est charitable mais inflexible dans ses convictions est le directeur spirituel que tout le monde cherche. Après leur confession, les « anciens » ou aînés renouvelaient individuellement leur effusion antérieure. Puis ensemble, ils procédèrent au renouvellement des bureaux pastoraux dont la plupart étaient reconduits.
Il y avait quatorze groupes de délivrance ou de guérison individuelle tenus par trois ou quatre aînés chacun. Ces groupes dispersés dans des cases environnantes ou dans des salles de classe de la paroisse le soir, prenaient en charge les prosélytes après les confessions de ceux-ci. Ils improvisaient des petits autels avec crucifix, images saintes et bougies allumées. La prière la bible, le crucifix, l’eau bénite et le chapelet sont les armes utilisées par les aînés pendant leur action de délivrance ou de guérison.
Ces prosélytes étaient une centaine, jeunes, vieux, hommes ou femmes mais surtout des petites classes sociales, parfois totalement illettrés, qui n’ont que leur vêtement vétuste avec aussi parfois leurs petits encore allaitant à la mamelle. Ces gens des campagnes ont sacrifié leur ménage déjà difficile, leur calendrier culturel, parcourant parfois des dizaines de kilomètres à pieds ou en pirogue, pendant souvent plusieurs jours pour recevoir l’effusion ou être guérir par le Saint-Esprit. En effet, depuis que le Père Jacques a crée des groupes charismatiques dans tout le diocèse de Mananjary, les paysans, même dans les coins les plus reculés de la brousse ont entendu ou vu les actions du Saint-Esprit. Dans ces coins enclavés où la médecine scientifique ne pénètre pas encore ou mal, la sorcellerie avait beaucoup abondé mais actuellement les guérisons miraculeuses entendues ou constatées par-ci par-là prodiguées par les adeptes du Renouveau Charismatique ont fait beaucoup progressé le christianisme catholique.
Ces petites gens dont parle Saint Paul apôtres, c’est dans leur faiblesse, leur misère, leur ignorance qu’elles puissent leur force, leur foi. Leurs prières simples, droites ferventes touchent bien des cœurs et certainement plus encore celui du Seigneur. Elles font pleurer les plus endurcis Oh ! que de larmes de rependues et de grâces avaient été versées pendant cette retraite à Ambohitsara. Je crois bien que la plupart des retraitants en avaient versées. Je me souviens encore d’une septuagénaire de la campagne qui s’exprimait mal et me suivait partout. Je la croyais demi-folle d’abord quand à une prière, elle tombait en convulsion. C’était à ce moment que je savais qu’elle était chef sorcière par les retraitants qui la connaissaient. Nous nous empressions de la délivrer. Calmée au bout d’environ un quart d’heure trop mouillée d’eau bénite elle alla changer de vêtement. A son retour, elle porta de beaux habits rouges. Les connaisseurs qui m’entouraient dirent que c’est sont des vêtements pour les cérémonies de sorcellerie (tromba = possession) qu’elle doit totalement abandonner. L’ancienne sorcière proposa charitablement de les donner à ses anciennes collègues qui continuent encore leur rite. Les retraitants lui dirent alors qu’il font les brûler et on lui donna un tee shirt blanche qu’elle portait jusqu’à la fin de la retraite.
Elle n’avait plus refait de crise ni d’autres manifestations extérieures même au cours des grandes prières. Vers la fin de la retraite, je la voyais comme un petit enfant discuter seule avec le Père Jacques à l’église. Tous les jours on adorait le Très Saint Sacrement et tous les jours la messe des retraitants était célébrée vers 17H. Les jeûnes pour tout le monde, sauf le Dimanche 16 Nov, du 2ème jour jusqu’à l’effusion étaient respectés dans la joie, apparemment même par les bloqués qui ne prendront pas part à l’effusion. On ne prenait que de l’eau sucrée (thé ou café ou jus) et les letchis ou autres fruits qui les commençants étalaient aux bords des chemins se vendaient mal.
Ce dimanche là, les nouveaux retraitants étaient mieux vêtus qu’à l’ordinaire avec leur bougie décorée ou fleurie et leur consécration en main pour certains. C’était le jour de leur effusion individuelle. Depuis le matin les aînés les prenaient un à un en charge. Interrompues pendant la messe du soir, leurs activités se continuaient tard dans la nuit voire même, jusqu’au petit matin (02h 30) pour certains. Les prosélytes par contre avant ou après la messe attendaient leur tour devant le Saint Sacrement, louant, glorifiant ou adorant, ou encore priant avec la très Sainte Vierge Marie dans le Rosaire. Le 17 Novembre, au soir, la grande Messe d’Envoi célébrée de manière particulière clôturant officiellement la retraite par les bénédictions particulières pour les aînés comme pour les prosélytes.
Que de grâces ! Que de paroles inconnues traduites réconfortantes ! démontrant l’Amour de Notre Seigneur Jésus-Christ qui avait bien voulu remplir de son Esprit-Saint, Esprit d’Amour, cette sainte assemblée. Il n’y avait plus de crises ni d’autres manifestations maléfiques comme aux premiers jours. Le Saint-Esprit invisible s’était rendu visible et palpable dans ses actions ou plutôt ses charismes. Tout le monde palpitait de joie, le sourire était sur toutes les lèvres, l’ivresse spirituelle était évidente. L’Esprit d’Amour remplissait tous les cœurs. Une procession à l’intérieur même de l’église a été improvisée; des chants et des danses d’allégresse maintenaient tout le monde en émoi. Tous louaient glorifiaient et remerciaient le Seigneur trois fois saint. La messe était longue mais tout le monde y trouvait son bonheur. Environ il y avait quatre cent cinquante fidèles. En sortant de l’église, un retraitant s’adressait à son ancien camarade du village qu’on n’avait pas besoin d’alcool pour être ivre et ce dernier souriait car le « betsabetsa » (boisson fermentée locale) abonde encore dans ce village surtout les jours de fête.
C’était vraiment la fête : retraitants ou non, acteurs ou spectateurs (accompagnateurs), tous étaient dans la joie. Des promesses d’engagement au baptême et ou au mariage avaient été annoncées même par les spectateurs villageois dans l’admiration de l’allégresse générale. Ce soir-là, l’équipe du Père Jacques avait fait des agapes bien méritées après les jeûnes et les efforts de cette retraite. Le lendemain, vers 6h du matin, le Père Jacques célébrait la messe d’action de grâce avant la rentrée. Beaucoup de retraitants venus de très loin à pieds ou en pirogues étaient déjà rentrés très tôt à l’aube. En effet à cause d’une erreur de date, certains étaient venus un jour d’avance et le Père Jacques les avait aidées à bien terminer la retraite car étant donné leur misère, ils ont avaient épuisé leur maigre provision malgré les jeûnes.
Simple mais profondes la messe était chantée comme d’habitude toujours dans l’enthousiasme. Après un petit déjeuner rapide l’équipe du Père Jacques , les sacs au dos, se dirige maintenant à la rivière à l’autre bout Nord du village où l’attend de pirogue motorisée avec déjà à l’intérieur quelques retraitants des bords du canal de Pangalana. Malgré la hâte pour rentrer une visite fût quand même improvisée à la grotte Notre- Dame des Pangalana construite aussi par le Père. Après quelques prières et des prises de photos d’ensemble avec la Sainte Vierge, on traversa rapidement l’ancienne agglomération du Nord pour voir la statue d’éléphant en pierre ramenée par l’ancêtre des Antambahoaka, Raminia, lors de son voyage aux Indes il y a environ 8 siècles. Enfin après ce petit crochet au Nord, la pirogue allait droit au Sud vers Mananjary saluée des berges, par les hôtes dont l’hospitalité constatait à regret la séparation par dès au revoir à n’en plus finir.
De temps en temps, on fait débarquer quelques retraitants qui arrivent à proximité de leur domicile. On arrive à Tanandava, tout le monde mit pieds à terre ou plutôt à l’eau, originaires du village ou non. C’est une localité où le Père Jacques avait beaucoup travaillé spirituellement et matériellement. C’était-là qu’en 1995 il avait commencé l’œuvre missionnaire du Renouveau Charismatique. C’était un village totalement athée renommé par ses sorciers qui avaient leur lieu de culte dans un petit îlot à quelques dizaines de mètres à l’Est du village. Actuellement Tanandava dont tous les chefs de tribus en « Ampanjaka » avec leur famille sont christianisés, montre majestueusement sa foi par une croix glorieuse banche en béton armé de 10 m de haut, face au grand lac Rangazavaka réputé terrible autrefois par ses actes maléfiques. Face aussi à l’Océan Indien, forte, défiant tous les cyclones et autres intempéries, la grande croix rend actuellement nulles toutes tentatives de Satan de reprendre son ancien fief, protège et bénit tous ceux qui traversent ce grand lac qui ressemble à une mer quand le temps est mauvais. Il y a de quoi faire une messe au pied de la croix avec une enceinte vaste bordée de nombreux cocotiers qui adouciront les rayons du soleil brûlants en ce lieu.
Le groupe se dirige vers l’église elle aussi construite par le Père dont la grande cour est embellie par de nombreux cocotiers. Une très grande et très belle icône de Jésus Miséricordieux proche de l’autel m’a frappé dès l’entrée ainsi que la photo de Sainte Faustine avec ses reliques à portée de la main (on voit bien qu’elles avaient été emportées directement de la Pologne par ce Père Polonais. Après une courte prière du groupe, débout devant Jésus Miséricordieuse, beaucoup d’entre nous ont vénéré les reliques de Sainte Faustine avant de sortir. Dehors, les chefs de Tribu ou « Ampanjaka » du village qui avaient été convertis au christianisme et renforcés dans leur mission de chefs par la bénédiction du Père Jacques nous attendaient pour une réception solennelle. On entrait dans la salle d’œuvre de l’église et on nous donnait de quoi manger et boire légèrement car il n’était que 10 h du matin et nous n’avions pas l’intention d’attendre le déjeuner du midi. Des maniocs, des patates douces, du café ou du thé suffisaient largement. Un représentent de ces chefs prend la parole pour remercier le Père et ses compagnons de leur visite et manifeste bien l’enthousiasme de ses collègues ainsi que de tous les villageois dans leur vie actuelle de chrétiens. A ma très fraude surprise, le Père Jacques bienfaiteur reconnu, considéré comme natif du coin, admiré par tous, me demande de répondre à l’allocution. Malgré mon embarras, j’ai accepté car j’ai compris tout de suite qu’étant originaire de la région, de même ethnie et petit fils moi-même d’Ampanjaka, je devais continuer l’entrevue dans ce sens. Je les remerciais donc pour tout ce qu’ils ont fait : l’accueil chaleureux et surtout leur conversion totale pour suivre Jésus Christ. Je les félicitais de leur enthousiasme et les exhortais à convertir eux aussi certains de leurs collègues environnants qui sont encore dans le paganisme. Je m’étais d’ailleurs présenté comme un des leurs, étant moi-même de souche royale Antambahoaka Ambohitsara par ma mère et à Mananjary par mon père.
Malheureusement, dans ces deux centres principaux des Antambahoaka, malgré la présence effective des membres de leur famille à l’église, la plupart des chefs de tribu ou Ampanjaka continuent toujours de garder certains rites contraires au christianisme. Après quelques discussions, on avait donc décidé de faire des réunions de travail avec tous les Ampanjaka déjà convertis (49), et ceux en voie de conversion (15) pour trouver les moyens de favoriser l’adhésion rapide des autres collègues encore hésitants, si possible l’année prochaine. Dates, lieu et nombre de participants en plus des Ampanjaka sont encore à étudier. D’ailleurs le Père Jacques lors de cette retraite à Ambohitsara, avait déjà réuni une demi-douzaine d’Ampanjaka pour les exhorter à la conversion jusqu’à leur dire : « que je meure tout de suite sur place si je vous veux du mal ». Sortis de la salle d’œuvres, nous avons pris quelques photos d’ensemble avec les Ampanjaka au milieu des centaines de cocotiers que le Père a plantés il y a plus de dix ans tandis que certains d’entre nous étaient allés récolter des dizaines de noix.
En chemin vers la pirogue, les aînés avec le Père Jacques entraient chez le catéchiste du lieu pour prier sur son enfant de 2 ans malade depuis sa naissance avec un très retard psycho-somatique très grave. Enfin on s’embarque dans la pirogue chargée de noix et de nattes bon marché que beaucoup de retraitants ont achetés. Les villageois et leur Ampanjaka au bord de la rivière, avec leur main ou leur chapeau nous souhaitaient bon voyage. La halte avait duré environ une heure. En continuant la traversée du lac de très mauvaise réputation, Maman Mélanie me racontait que lors de leur premier voyage en ce lieu, une grande colonne d’eau surgissait brusquement devant leur pirogue pour barrer leur chemin. Tout le monde a récité avec ferreur et foi le chapelet, et la colonne d’eau s’était affaissée. La Sainte Vierge, ND des Pangalana avait vaincu Satan et depuis, ils n’avaient plus eu de problèmes.
Des égarements même pour les habitués, des renversements de pirogues même pour les habitués professionnels, et des visions même en plein jour, étaient auparavant l’apanage de ce lieu sinistre surtout si les voyageurs emportaient avec eux des viandes de porc et ou s’ils n’avaient pas procédé au rite avant la traversée. Tout cela semble avoir disparu en depuis la christianisation des environs. Vers midi, on arrivait à Ampandimana. Tout le monde mit pieds à terre, on entra à l’église et après une courte prière, on en sortit pour s’éparpiller dans le petit village. Certains récoltaient des dizaines de noix des nombreux cocotiers du Père Jacques, d’autres achetaient des maquettes de pirogues en bois de rose ou d’entres sculptures. J’achetais moi aussi un petit cylindre de bois de rose d’environ 40 cm que j’ai donné par la suite au Père pour qu’il en fasse une statue de la Sainte Vierge et en échange il m’a promis un crucifix. Dans ce village, j’entrais comme par hasard dans une maison qui appartenait à un chef de Tribu de ce lieu. Il connaissait des membres de ma tribu à Ambohitsara. Je profitais de l’occasion pour lui parler du christianisme très rapidement. Il en était content et il se disait être déjà en voie de conversion. Comme je voyais un morceau de bois de rose, il promettait qu’il me donnera un plus grand morceau qu’il ira déposer chez mon oncle à Ambohitsara ; je lui promettais aussi en échange quelques vêtements. Une villageoise du renouveau charismatique du coin nous appela et ce fut la ruée. Le groupe s’y était arrêté environ trois quarts d’heure puis le voyage reprenait sans plus d’escale sauf pour faire débarquer rapidement quelques retraitants riverains. Vers 17 H, on arrivait enfin à Mananjary tout joyeux.
Durant tout le voyage, à l’allée comme au retour, une très bonne ambiance régnait dans la pirogue. Des chapelets, des cantiques à la très Sainte Vierge, des louanges de toutes sortes à la T.S Trinité, des appels incessants en Saint-Esprit, et des remerciements pour tout, avaient été proclamés. Les discussions d’un petit groupe, l’admiration des paysages ne les avaient pas coupés. Tout se partageait dans le joie et dans l’amour: les patates douces et les maniocs de Tanandava. Père Jacques avait désalteré la trentaine de voyageurs par une bouteille de jus de fruit et Maman Mélanie, en véritable mère pas seulement spirituelle mais aussi charnelle, nous distribuait tout le panier de letchis qu’elle avait destinés pour son mari resté à la garde de leur maison à Antananarivo.
En bref, cette retraite à Ambohitsara avait démontré encore une fois comme d’habitude la force du Saint-Esprit et l’Amour de N.S Jésus-Christ. Personne n’était malade ou même fatigué malgré les jeûnes et le soleil accablant. Aucune plainte n’a été signalée, la joie était dans tous les cœurs et la force sur tous les membres, car on dansait plus encore dans la pirogue au retour qu’à l’allée. Bref le Saint-Esprit avait rechargé toutes « les batteries ». Prions Dieu Seigneur de l’Univers pour que cette redynamisation physique et spirituelle soit permanente, inaltérable et se développe dans l’amour, envahissant le monde qui nous entoure, uniquement pour sa gloire et le salut des âmes.
Que nous ne vivions plus que selon les saintes inspirations du Saint-Esprit pour N.S Jésus- Christ en union avec le Très Saint Coeur Immaculé de Marie Amen. Le Retraitant Prosper |